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Albert Louis Kimmerling (1882-1912)

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Albert Kimmerling, né le 22 juin 1882, à St Rambert-L'Isle, près de Lyon après ses études au lycée Ampère, se passionne pour la mécanique. Il est facile d'imaginer, en ce début de siècle, l'attrait que pouvait exercer sur les jeunes, de nouveaux horizons comme l'automobile ou l'avion. Sportif accompli, champion de hockey sur glace, l'automobile le tente.
Il rentre à Lyon Chez Cottin-Desgouttes, célèbre constructeur d'automobiles et de camions, et se perfectionne dans l'étude des moteurs. En octobre 1909, il entre chez Voisin et devient un de ses premiers élèves avec Henry Farman et Léon Delagrange. A 27 ans en novembre 1909 sans avoir obtenu son brevet de pilote, il s'embarque avec son mécanicien pour East London, en Afrique du Sud. Ils emportent dans leurs bagages un nouveau prototype Voisin soigneusement démonté. En quelques mois, malgré de nombreux crashs mais par la force des choses il est devenu un excellent pilote. En avril 1910 il rentre en France et s'installe à Miramas. Il est engagé par un 3ème constructeur Roger Sommer et obtient le 19 octobre 1910 son brevet de pilote n° 291 sur biplan Sommer. A partir de 1910 Kimmerling se consacre à l'Ecole d'Aviation de Bron créée par Roger Sommer, dont il devient le premier directeur.

En 1911, il sera de tous les grands meetings, de toutes les grandes courses « Paris-Rome-Turin», le « Circuit Européen ». Son adresse et audace sont connues; il vole par tous les temps, fait des séances de rase-mottes et des « piqués » impressionnants. II forme toute une série d'élèves et devient rapidement un pilote renommé. Il effectue des reconnaissances pour l'Armée, et devient « aviateur de réserve » bien que réformé, en participant aux manœuvres des Ardennes.

Le 10 février 1911, la conquête de l'air passe par le ciel de Bourgoin Jallieu et Montceau va écrire une page de l'histoire de l'aviation

Lionel Cottin (1881-1948), fils d'un riche entrepreneur lyonnais habite Ruy-Montceau dont il est maire et conseiller d'arrondissement. Son père avait fait construire le château de cette petite commune à la fin du 19e siècle et lui même a installé dans le village, une fabrique de vélos. Le personnage est haut en couleurs, toujours en première ligne pour organiser des manifestations sportives. En 1911, Lionel Cottin n'a pas oublié Kimmerling qu'il avait connu en 1908, lui aussi, devenu célèbre. A cette époque tous les constructeurs- pilotes au-delà de l'aspect spectaculaire des 1ers vols sont avant tout soucieux de prouver la fiabilité des avions qu'ils construisent, ne pouvant se satisfaire des commandes de quelques fortunés en mal de sensations. L'Armée est par ailleurs un gigantesque marché potentiel. Sommer réfléchit à la possibilité d'inscrire sa toute nouvelle Ecole de Bron dans le palmarès quotidien des records. Lionel Cottin quant à lui connait bien l'exceptionnel panorama vu de la chapelle de Montceau et la vaste plaine qui s'étend en direction de Bron sans accident de relief en dehors des collines d'Heyrieux et de Grenay. Sommer accepte la proposition de Lionel Cottin de réaliser ce qui pourrait devenir le premier vol déterminé à l'avance de Bron à Montceau et choisit son tout nouveau directeur, Kimmerling pour effectuer cette tentative.

Le 10 février 1911 Kimmerling s'envole pour Bron

Son avion conçu en 1908, long de 12,50m, d’un poids de 400kgs, parcourt sans problème la distance. Il y a foule entre le cimetière et la chapelle de Montceau où des feux de paille ont été allumés dans un champ et une clameur monte quand l’avion apparaît puis se pose sans problème vers 11 heures du matin. Jamais la petite commune n’avait connu autant d’animations.

Bourgoin-Aviation - 3 septembre 1911

En 1911 le tout nouveau Club Sportif Berjallien abandonne son terrain de l’Oiselet pour celui de « l’Usine à Gaz » en bas de la Folatière. Malgré les succès de l’équipe l’argent manque. C’est sans compter sur Lionel Cottin président d’honneur du club, tout auréolé du succès du vol Bron-Montceau qui a l’idée d’inviter son ami Kimmerling pour une exhibition payante quasiment publicitaire. Un large champ lieu-dit au « La Maladière » à l’entrée de Bourgoin est retenu et balisé.

Le 3 septembre 1911 la manifestation est un succès. Une partie de la recette sera utilisée pour financer la tribune du stade. Elle sera réutilisée en partie à la création du stade Pierre Rajon en 1922. En 1912, Kimmerling quitte Lyon pour prendre la direction de l'école Sommer à Douzy puis celle de Mourmelon. Le 2 juin 1912, il est appelé à essayer un nouveau monoplan Sommer biplace conçu par l'ingénieur Tonnet. Léon Bathiat associé de Sommer et brillant pilote lui-même, déconseille à Kimmerling de piloter cet appareil sur lequel on s'est contenté d'ajouter un siège arrière et d'augmenter fortement l'incidence du plan fixe arrière. L'ingénieur Tonnet ayant exigé d'être le passager de Kimmerling, celui-ci ne put refuser malgré les avis répétés de Léon Bathiat. Profitant de l'absence de celui-ci, ils partent essayer l'appareil. A peine décollé, celui-ci effroyablement instable, fait une série de montagnes russes et malgré l'adresse de Kimmerling, s'écrase au sol. Des témoins prétendirent qu'au cours des violentes abatées une aile se serait détachée mais l'appareil ne s'étant élevé que de quelques mètres, il est probable qu'il a littéralement éclaté au sol. Sa passion de voler lui a été fatale, ne lui permettant pas, à l'aube du développement de l'aviation et de la Grande Guerre, de rentrer dans la légende des pilotes. Kimmerling avait trente ans. Il est inhumé dans le cimetière de Bursinel, près de Lausanne en Suisse 

texte : Yves Lacour - Office de Tourisme de Bourgoin-Jallieu

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" Aventure dans le ciel berjallien : Albert Louis kimmerling 1882 - 1912 " par Yves Lacour

 

Aventure dans le ciel berjallien avec Kimmerling  Dans la série " Bourgoin-Jallieu au passé simple ", Yves Lacour vient de publier  un ouvrage sur Albert-Louis kimmerling à l'occasion du centenaire du vol Bron-Montceau (1911-2011). Ce livre regroupe de nombreuses cartes postales de l'époque, et évoque l'épopée des principaux pilotes inventeurs que Kimmerling rencontra et qui le formèrent. 

En vente 15 € à l'Office de tourisme

 

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