Né à Jallieu en 1744, avocat, maire de Bourgoin à 24 ans. Député du Tiers Etat à Romans, il fonda à Lyon un journal patriotique "Le Courrier de Lyon" aux idées fort avancées. Second officier municipal de Lyon, il eut à remplir ses fonctions pendant la redoutable période de 1790 à 1792. C'est là qu'il fit la connaissance de Roland de la Platière et devint son premier commis quand Roland fut nommé au Ministère de l'intérieur. A la chute des Girondins il fut emprisonné et passa treize mois en captivité. La Révolution du 9 thermidor l'arracha à l'échafaud et il devint secrétaire général du ministre de l'intérieur et plus tard juge à la cour d'appel de Grenoble. A sa mort en 1807, il voulut être enterré dans sa propriété au-dessus de l'étang de Rosière, dans un bosquet solitaire, comme Rousseau l'avait été à Ermenonville, dans son "île aux peupliers".
"La lecture des livres de Rousseau et de ceux des philosophes anciens et modernes avait fait passer leurs principes dans mon âme. Je détestais les abus de l'ancien gouvernement autant que la tyrannie féodale. J'avais quelques amis qui pensaient comme moi ; je les rassemblais quelquefois à table et dans nos réunions, nous reformions la France, soupirions après la liberté et méritions parfois l'honneur de la Bastille." Luc Antoine de Champagneux
![]()
De nos jours, on peut découvrir la tombe de Luc-Antoine de Champagneux, intacte au milieu d'un coteau, dans les bois de l'étang de Rosière.
Texte de la plaque commémorative"En ce lieu repose un ancien maire de Bourgoin, avocat, journaliste, député du Tiers-Etat, ami de Jean-Jacques Rousseau. Né en 1744 à Bourgoin au sein de la famille "de rosière" qui, en l'espace de 70 ans, donna à la ville cinq maires. Avocat, il devient maire de Bourgoin à 23 ans de 1767 à 1771 et de 1780 à 1783. C'est à Bourgoin, le 30 août 1768, qu'il partage avec son cousin Myriadec Donin de Rosière, l'honneur d'être le témoin du "mariage" de Jean-Jacques Rousseau et Thérèse Levasseur.
En 1788 il représente le Tiers-Etat de sa région natale à l'Assemblée des Trois Ordres à Romans.
En 1789 il fonde un journal patriotique aux idées très avancées "le Courrier de Lyon" et devient l'ami puis le directeur général de Roland de la Platière, ministre de l'intérieur de Louis XVI. Habitué du salon politique de Madame Roland, en 1793 pendant la Terreur il est jugé trop modéré, emprisonné à la Force pendant treize mois mais échappe à l'échafaud.
En 1800, de retour à Bourgoin, il est élu Juge à la Cour d'Appel de Grenoble.
A sa mort en 1807, à 63 ans, il est inhumé dans les bois de sa propriété, ici même, comme Jean-Jacques Rousseau l'avait fait quelques années plus tôt à Ermenonville.
"ma tombe sera au milieu de jeunes châtaigniers. On plantera dessus un arbre, et chaque année, mes enfants se rendront en ce lieu pour s'entretenir, un moment, de la fragilité des hommes et pour jurer sur ma cendre de s'aimer et d'être fidèles à la probité et à l'honneur que je leur transmets comme un dépôt sacré que j'ai reçu de mes pères ".
Ville de Bourgoin-Jallieu - 1996