L'apaisement procuré à Rousseau par son échange de serments entre les deux vieux amants, le 30 août 1768, ne dure pas longtemps ; alors il herborise au fil de longues promenades, plus en naturaliste qu'en apothicaire, ne se liant que très peu avec son entourage. Des graffiti vengeurs décorent sa chambre à l'auberge de la Fontaine d'or.
"Le peuple ne voit en moi qu'une perruque mal peignée et un homme décrépit."
"Les philosophes que j'ai démasqués veulent à tout prix me perdre. Ils y réussiront."
Une rencontre va l'apaiser, celle d'un des représentants de la noblesse à Bourgoin que rien ne destinait à apprécier Rousseau : Claude Anglancier de Saint-Germain, ancien lieutenant-colonel des dragons, chevalier de l'ordre royal de Saint-Louis. Rousseau lui écrit trois mois après son arrivée: "Je n'ai pas l'honneur d'être connu de vous et je sais que vous n'aimez pas mes opinions". Suivront douze mois d'amitié et de rencontres, jusqu'en avril 1770, date de départ de Rousseau."Où êtes-vous brave Saint-Germain ? Quand pourrai-je vous embrasser et réchauffer au feu de votre courage celui dont j'ai besoin pour supporter les signes de ma destinée ? "26 février 1770.
Il reste à Bourgoin Jallieu, au 1 rue de la République, la grille d'entrée de l'ancien hôtel particulier de la famille Anglancier.